Rando 2026
Ça faisait plus d'un an que je n'avais pas voyagé à vélo.
Pourquoi alors je j'adore ça ? Parce la dernière fois que j'ai randonné, j'étais dans de mauvaises conditions (malade et avec une météo de merde) qui font que j'ai mis des semaines à m'en remettre et que depuis, avec le début du traitement hormonal j'ai perdu pas mal de masse musculaire donc je me fatigue vite. Tout cela ajouté à mon quotidien très physique fait que je ne me sentais pas capable de partir pour des journées de longue distance (oui, j'ai du mal planifier des petites étapes).
Mais cette année, j'avais besoin de bouger donc j'ai pris un TGV (enfin une bétaillère OuiGo) avec mon vélo pour aller à Lille et rentrer par la route en faisant des étapes pour voir des copaines.
Comme c’était un test, pas de camping ou de bivouac, j’avais prévu des étapes où je dormirai en dur histoire d’être sûre d’avoir des nuits où je pourrai me reposer efficacement.
Premier jour

La première étape du périple consiste à mettre mon vélo dans un train. Pour ça il faut démonter les roues et le dérailleur avant de tout mettre sous housse. Ensuite, il faut trouver comment ranger le vélo dans le train avec des racks à bagages trop petits. J'ai réussi à le fixer le long d'un rack pour ne pas gêner la circulation (élément de sécurité critique pour les contrôleurs).

Une fois arrivée à la gare de destination, il faut bien sûr tout remonter en espérant qu'aucune valise ne sera venue défoncer le vélo.
Mais avec un peu d’entraînement ça se fait bien.
J’ai donc retrouvé à Lille une copine de Mastodon pour déjeuner ensemble avant de la laisse pour faire ma première étape pour aller à Douais pour boire un verre chez un copain que je n’avais pas vu depuis 10 ans car ça sert aussi à ça les randos à vélo, passer voir des copains qu’on ne voit pas assez souvent car ils habitent à l’autre bout de la France. J’ai ensuite été dormir chez un autre copain podcasteur.
Cette première étape était courte et ne m’inquiétait pas outre mesure mais je n’avais pas prévu que la canicule allait durer quelques jours de plus et là où on m’annonçait des températures d’environ 25°C, je me suis retrouvée avec 39-40°C ce qui même pour 40km, n’est pas la même histoire.
Deuxième jour

Le lendemain, direction Amiens pour aller chez mon copain François. Encore une fois, je les aime beaucoup lui et sa famille mais Amiens c’est loin quand on vient de Lyon, c’est pourquoi j’y suis restée 2 jours. La route n’était pas trop longue, “juste” 90km mais je voulais y aller progressivement pour voir si j’étais capable de faire ça sans me mettre dans le rouge. En plus, même si la température avait baissée, il faisait encore plus de 30 dans l’après-midi.

La route s’est bien passée si ce n’est que les villages et les villes traversées étaient désertes, aucun commerces et j’ai eu du mal à trouver un petit restau où m’arrêter pour reprendre des forces (même si sur le moment je n’en avais pas besoin). Installée en terrasse, j’ai pu faire le constat que la bagnole était le moyen de déplacement par défaut. Les gens ne marchent que pour aller de la bagnole à leur destination. Seuls les ados se déplacent à vélo… en attendant d’avoir leur permis.
Quatrième jour

Après ces deux jours Amiénois, la vraie rando commençait. Première journée, direction Paris (sans m’y arrêter) pour relier Coye-La-Forêt vers Chantilly. Journée encore relativement courte; 120km.

Pas de difficultés majeures, juste un peu de lassitude par moments. En traversant Lamorlaye, j’ai recherché la maison de mes grands-parents. Maison qui a été vendue à leur mort il y a 26 ans. Sur street view je pensais qu’elle avait été rasée et reconstruite pour un truc immonde mais ma mémoire m’avait joué des tours et j’ai retrouvé la maison modernisée mais toujours là, je reconnaissais les pièces de l’extérieur. Je n’ai pas osé sonner à la porte pour demander à visiter. Le quartier a complètement changé, la grange qu’on appelait garage est une autre maison, le verger un chemin d’accès à un lotissement créé dans le pré au fond du jardin. J’étais passée à moto il y a 20 ans, j’étais en larmes, là j’étais rassurée de retrouver la maison. Ça m’a rappelé les souvenirs de vacances que j’y ai passée.
Comme il était encore tôt avant de rejoindre mon hôtel, j’ai fait un détour par les étangs de Commelle pour boire un verre au restaurant à coté du château de la dame blanche. Ce lieu est toujours aussi beau, j’en ai profité pour faire le tour et j’ai pu voir une biche traverser le chemin quelques mètres devant moi.

Pourquoi cette halte à Coye-La-Forêt ? Parce que j’aime bien faire des blagues dans mes voyages et là un morceau du périple faisait : Coye-Feurs !

Cinquième jour

Après Coye, j’allais en direction de la forêt de Fontainebleau pour dormir chez un copain de Mastodon. Comme c’était un peu court, je faisais un détour pour une blague que j’avais envie de faire depuis longtemps, faire le tour d’Eurodisneylandparis car c’est bordé par une route parfaitement circulaire et sur une trace, ça fait cool ça !
En vrai c’est chiant cette route mais au moins maintenant je l’ai faite.
Cette journée n’était pas très agréable, beaucoup de grande banlieue pavillonnaire mais vu que j’avais fait le choix de ne pas passer par Paris, il fallait bien contourner.

Encore une journée à 120km mais le gros morceau allait être le lendemain.
Sixième jour

Là, fini les visites aux copains, je devais compenser les kilomètres écourtés la veille pour m’arrêter chez un copain. C’était une journée très plate puisque je me retrouvais à suivre les canaux. Le canal du Loing en premier puis le canal de Briare pour rejoindre le canal latéral à la Loire. Et moi je déteste les canaux. C’est monotone, on n’a pas de changement de rythme, de position et je ne supporte pas, ça me mine le moral. En plus de ça j’avais un petit vent de face et 170km à effectuer.

Je ne vais pas vous mentir, j’ai un peu été à la peine. Pas physiquement mais mentalement. Mais c’est presque aussi important le moral sur la longue distance. Si on y croit plus on abandonne même si le corps pourrait encore suivre.

Bref, je suis arrivée à ma chambre d’hôte un peu après 19h, mon hôte, un allemand charmant, m’attendait et m’a expliqué toute la maison qui était à sa mère etc etc.
Septième jour

Après la journée précédente avec du vent, je craignais cette deuxième journée à plus de 150m d’affilé. Mais là les condition météo avaient totalement changées et c’était beaucoup plus tranquille. En traversant Nevers, j’ai cherché l’Atelier Pariah de Swanee Ravonison. J’étais passée la voir en 2014 alors qu’elle ne soudait pas encore de cadres et je suis très fan de son travail. Maintenant qu’elle soude, je suis encore plus admirative. Malheureusement j’ai trouvé porte close avec les fenêtres blanchies. J’espère que ça n’était que pour l’été.
La suite de la journée s’est passée sans encombre si ce n’est que je n’en pouvais plus des canaux. J’ai bien essayé de couper quelques boucles en suivant la départementale, mais la circulation m’a vite fait reprendre le chemin sécurisé initialement prévu.

Arrivée en fin d’après midi à mon gîte que j’avais choisi car il proposait un accueil vélo et était tout à fait à la hauteur de ce qui était annoncé.
Huitième jour

Là j’avais deux options, m’arrêter à Feurs ce qui faisait environ 70km et terminer en train ou traverser les monts d’Or pour rentrer par la route jusqu’à la maison mais ça rajoutait 80km et beaucoup de dénivelé, j’ai donc opté pour l’option retour en TER.
Comme la journée était plus courte j’ai pris mon temps en plus il y avait plus de dénivelé que les jours précédents et je ne suis toujours pas une bonne grimpeuse.
Fini les canaux, j’étais nettement plus heureuse même si ça montait.
Encore une fois, trouver de quoi se ravitailler à midi tenait de la gageure. J’ai quand même dégotté une boulangerie avec des parts de pizza et des viennoiseries.

Arrivée à Feurs avec une petite pluie, j’ai juste eu le temps de rejoindre la gare (tristement fermée et automatisée) pour me mettre à l’abris.
Conclusion
C’était la fin de mon périple, j’étais contente d’avoir réussi à le boucler même si avec l’âge, j’aurais eu la sagesse d’aller chercher un train si ça n’allait pas.
Au final, j’ai parcouru environ 820 km en 8 jours et j’en suis plutôt fière d’en être toujours capable.
