Ma vie merveilleuse en SSII - 5 - Retour en enfer
Cette fois-ci, petite originalité, la SSII a délégué le recrutement à une boite d’intérim qui m’a embauchée le temps de la période d’essai avant que je bascule dans les effectifs.
Chose que j’ai apprise plus tard, j’ai eu la chance d’arriver en mode sauveuse car la SSII venait de se faire planter par un collaborateur qui avait littéralement disparu et qu’il y avait un nouveau responsable chez le client qu’il fallait rassurer. Ce qui fait que mes prétentions salariales n’ont pas été négociées et que j’ai pu faire une belle progression de revenus, surtout après 4 ans à tirer le diable par la queue en étant à mon compte.
J’étais chez un client en pleine réorganisation, il y avait plein de choses intéressantes à mettre en place et j’ai repris goût à cette façon de travailler, d’apporter des solutions et de monter un service. Après quelques mois mon responsable a évolué et j’ai manifesté le souhait de prendre sa place. Pendant 2 ans je me suis retrouvée responsable d’une équipe que j’avais participé à structurer. J’étais heureuse, j’étais à la fois cheffe d’orchestre, référente technique et filtre pour que les clients ne demandent pas n’importe quoi à mon équipe.
Sauf qu’il y avait Roger, mon manager (en fait c’est un commercial en chef, il n’a jamais managé personne, il ne savait que rabaisser pour limiter les coûts). Le mec, déjà il ressemblait à Emmanuel Vals, ça partait mal.
Quand je me suis retrouvée avec une équipe qui croulait sous le boulot et que je demandais qu’on renforce l’équipe, il ne me présentait des candidats qu’au compte goutte, un seul CV à la fois. C’était à prendre ou à laisser.
Dans tous les entretiens, son job c’était de te rabaisser pour justifier de ne pas t’augmenter. Quand fut venu le temps que je fasse passer les entretiens annuels à mon équipe, il m’a envoyé une consigne pour ne pas mettre de note au dessus d’un certain niveau pour justifier de ne pas augmenter mon équipe. Un certain nombre de personnes s’étaient démenés (Deng, Nicolas, Jean-Lou, je pense à vous), il était inadmissible de les saquer, je n’ai pas suivi la consigne. Heureusement que j’avais bien négocié mon salaire d’entrée car il ne bougera pas en 5 ans)
Pour un projet que j’avais initié (mais bien entendu, je n’ai jamais été créditée pour cela) on m’a octroyé 2 stagiaires. Ils ont fait un super boulot qui a permis de gagner en clarté sur le suivi des demandes. Traditionnellement il est entendu qu’après les stages de fin d’étude, on fasse une proposition d’embauche aux stagiaires. Hors l’un d’eux ayant eu des problèmes de santés dans sa jeunesse était plus âgé que le stagiaire moyen et ne rentrait plus dans les critères de prime impôt recherche quand une boite embauche des jeunes ingénieur.e.s. Quelques semaines avant la fin du stage, il a apprit par une voie détournée qu’il n’aurait pas de proposition de poste et qu’il devait se démerder pour trouver une place ailleurs. Cette bande d’enfoirés connaissaient son âge en le prenant en stage et dès le départ ils savaient qu’ils ne l’embaucheraient pas mais non ils lui on laissé entendre qu’il aurait un poste jusqu’au dernier moment pour le jeter comme une merde.
Au jeu des réorganisations, ma mission s’est terminée et c'était pas plus mal