Ma vie merveilleuse en SSII - Premier chapitre
Aujourd’hui je vais commencer une saga où je vais vous parler de mes fabuleuses expériences avec les SSII (oui je suis vieille, je sais qu’aujourd’hui on dit ESN mais ça ne vient pas spontanément pour moi)
La Vérité si je mens
J’ai commencé à travailler en SSII dès la sortie de mon école d’ingénieure, en janvier 1999.
J’ai embauché le 4 janvier (bah oui, le 1er était férié, les 2 et 3 étaient le week-end). Ça paraît anecdotique comme ça mais vous allez comprendre pourquoi plus de 25 ans après je m’en souviens encore.
Pourquoi rejoindre une SSII ? Je me disais que ça me permettrait d’avoir plusieurs expériences pour voir un peu le fonctionnement chez différents clients avant de chercher à me poser. Quelle naïve j’étais.
La boîte que j’ai intégrée m’avait été vantée par une copine qui y bossait déjà (Véro, si tu tombes sur ce blog, n’hésite pas à me donner des nouvelles) comme étant à taille humaine et à l’écoute des collaborateurs.
La société s’appelait Groupe Cyber Informatique (GCI pour les intimes) et je décris souvent cette boite comme le film La Vérité si je mens dans l’informatique. C’est exactement la même chose, sauf qu’au lieu de vendre du tissus, ils vendent des ingénieur.e.s, ça rapporte plus (on est en 98-99, c’est l’euphorie avant l’an 2000 et le passage à l’Euro). Si je name and shame la société c’est qu’elle n’existe plus, rachetée depuis bien longtemps par un plus gros groupe. Aux dernières nouvelles, le directeur technique et la directrice commerciale sont exilés en Israël et attendu par le Fisc si l’idée de rentrer en France leur prenait.
Pour celleux qui auraient travaillé à la Défense vers 1999, vous vous souvenez peut-être qu’il y avait des travaux à la station RER. Cette boite avait acheté une bâche publicitaire de 35m recouvrant les travaux avec la tronche de certains collaborateurs en mode premiers de la classe avec écrit “on est les champions” avec une étoile et une flèche la pointant en disant “signe des champions”. Et oui, post 98, tout le monde était champion ! Bref, ça vous donne le melon de la boite.
Le CV
Ça a commencé avec mon CV. En arrivant on nous demande de le refaire au format de la boîte. Jusque là, c’est réglo, on doit présenter une uniformité dans les propositions pour représenter la société. Je liste donc mes compétences, les quelques expériences que j’avais eu pendant mes études, quelques hobbies pour montrer que je suis humaine (mais pas trop, je reste corvéable à merci mais je ne le sais pas encore). Tout cela passe dans la moulinette des commerciaux (oui je ne pense pas que ça ai été automatisé à ce moment là) et ça me ressort un CV de 4 pages alors que je n’avais encore jamais travaillé pour de vrai. Dans tout ce fatras, il y avait un gloubibloulga de technologies qu’au mieux je connaissais mais pour l’essentiel que je ne maîtrisais pas. J’ai immédiatement été voir la commerciale dont je dépendais (la directrice commerciale dont tout le monde avait peur) pour lui expliquer que ça n’allait pas être possible, je ne pouvais pas défendre ce CV devant un client car trop de technos que je ne connaissais pas. Et là elle me répond sans se démonter “non mais c’est normal de gonfler les CV, c’est le jeu, tout le monde fait ça les clients le savent et si on le fait pas on rate des opportunités”. Le ton est un peu monté parce qu’il était hors de question que je défende l’indéfendable, on était dans son bureau vitré avec tous les autres fraîchement recrutés qui nous zyeutaient pensant que ma dernière heure était arrivée. Au final, elle a cédé et mon CV reprenait à peu près que des technos que je pouvais assumer. Et encore, j’avais bien mon âge et que mes expériences à moi car une copine avait été vendue avec 2 ans de plus et autant d’expériences sur son CV.
Évoluer au sein d’une SSII
En 3 ans et demi dans cette société, j’ai bien eu environ 5 missions différentes mais toujours chez le même client (grosse banque française, à l’époque j’étais de droite). Raté pour la diversité. Et toute mon évolution n’a été gérée que par moi même au gré des opportunités et des réorganisation chez le client. J’aurais pu me faire embaucher mais dans un contexte et avec des conditions qui ne me convenaient pas. Je suis donc restée prestataire.
Toutes ces évolutions, j’ai quand même cherché à les valoriser mais je suis une très mauvaise négociatrice donc je n’ai réussi à grappiller que quelques miettes où à chaque fois on me rognait 3 jours du premier mois because souvenez-vous, j’ai été embauchée le 4 janvier ! (il n’y a pas de petites économies). Rapidement l’an 2000 étant passé, on nous explique que la période est dure, la commerciale ne va pas pouvoir changer sa Porsche cette année (argument véridique), la RH te fais une promesse non écrite juste avant de partir en congé maternité dont personne n’entend parler quand je viens réclamer l’augmentation promise. Un copain se voit proposé par son commercial un billet de 500Fr qu’il sort de sa poche comme ça en toute décontraction, en dédommagement de ne pas pouvoir l’augmenter (pareil que pour Véro, Antony, si tu tombes sur ce blog contacte moi). Bref, du n’importe quoi pas professionnel du tout.
C’est à ce moment là que j’ai prévenu mon client que je souhaitais quitter ma boite. Ils n’avaient pas de poste à me proposer, j’ai donc négocier avec mon responsable qu’ils mettent fin à mon contrat au moment où j’aurai trouvé autre chose pour que je puisse essayer d’écourter ma période de préavis.
Fin de contrat
Ces charlatans ayant trop de fierté, ont préféré me payer 2 mois à ne rien foutre en intercontrat plutôt que de me laisser partir plus tôt. J’ai fait une mission sabotage auprès des collègues qui devaient trouver une nouvelle mission. Les commerciaux étaient tellement incompétents que je ne les ai vu se pointer qu’au bout d’un mois pour faire le point sur les compétences de chacun.
J’étais bien contente de quitter cette boite à la con.