Ma vie merveilleuse en SSII - 9 - La SSII qui se soucie de ses collaborateurs existe

Auteurice MissBullitt Durée de lecture 5 minutes

Le coup de la SSII “nous on est différent”, tous les recruteurs ou presque me l’ont fait, c’est presque un red-flag. Je préfère même le discours honnête :”on est là pour faire du business ensemble, on se fera pas de cadeau mais c’est pas un mariage non plus”. Par contre venant d’un collaborateur, qui plus est, un copain en qui j’ai confiance, j’ai tenté l’aventure.

Et c’était vrai, j’ai trouvé une équipe à l’écoute de mes souhaits d’évolution, un plan de formation a été mis en place et respecté, on m’a proposé des missions en accord avec la direction que je souhaitais prendre. Je revivais.

Mais la SSII ne fait pas tout, il y a le client aussi. Je suis partie en sous-traitance pour une mission dans un grand groupe pour développer le parc Linux et gérer les infras VMware (je sortais juste de formation). Mission de maintien en condition opérationnelle. Contexte de politique interne compliqué avec des risques de sécurité forts. Techniquement c’était intéressant mais il y avait des gros enjeux avec le renouvellement du contrat de l’équipe. Le commercial (pas de ma boite puisque j’étais sous-traitée) avait fait de la merde avec quelques candidats, un prestataire ne se laissait pas marcher sur les pieds quand les demandes dépassaient les bornes. Bref, il y avait de l’eau dans le gaz mais seul le commercial pensait qu’ils allaient garder le contrat.

Ce qui devait arriver arriva, une boite concurrente a remporter le contrat et on s’est retrouvés à devoir faire le transfert de connaissances à la nouvelle équipe. Tous les projets qui traînaient depuis plus d’un an ont dû être bouclés dans les 3 mois. Le transfert de compétences s’est tellement bien passé qu’après un énième clash, il a été décidé au comité de pilotage suivant de mettre fin à notre contrat 15 jours avant la date prévue. Décision prise le vendredi soir effective immédiatement. On s’est littéralement fait mettre à la porte. Comme j’étais en sous-traitance, je n’ai pas été officiellement avertie le vendredi soir, c’est un collègue qui m’a envoyé l’information. J’ai immédiatement alerté mon responsable qui le découvrait aussi. N’ayant rien d’officiel, je me suis pointée le lundi matin comme si je n'étais au courant de rien. Là mon badge d’accès était désactivé et il a fallu déranger un responsable chez le client pour qu’il m’accompagne dans mon bureau pour récupérer mes affaires et faire le ménage sur mon PC. Il est resté tout le temps dans mon dos à surveiller ce que je faisais au cas où je ne me lançais pas dans je ne sais quelle opération de sabotage. À foutage de gueule, foutage de gueule et demi, j’ai pris mon temps pour le faire chier. Je n’ai jamais autant eu la sensation de me faire mettre à la porte que ce jour là.

En février 2020, je suis partie sur une mission qui commençait à vraiment ressembler à ce vers quoi je voulais m’orienter. J’étais contente, je ne comprenais pas tout ce que je devais faire mais je faisais les efforts pour suivre comment ça marchait. Quand début mars on a commencé à avoir des rumeurs de confinement, j’ai dit à mon chef que je n’avais pas de portable et donc pas de moyen de télétravailler. Il m’a répondu :”pas d’inquiétude, de toute façon on bosse pas sur la prod, ça ne nous concerne pas”. Deux jours plus tard, on était confinés et je me mettais en arrêt garde d’enfants. Un peu plus d’un mois plus tard, un collègue quittait la mission et j’allais pouvoir récupérer un ordinateur portable avec tout le nécessaire pour télétravailler. Mais entre temps il y avait eu une réorganisation et j’appris que j’avais changé d’équipe… et de poste. Je passais de sysops à intégratrice applicatif. Heuu, c’est pas vraiment la même chose là ! Je ne connaissais personne de mon équipe. À la maison c’était l’enfer, jouer à la maîtresse, les enfants ça les a amusé 5min mais c’est pas comme ça l’école. On a eu beau essayer d’alterner les temps où on s’occupait des enfants et où on télétravaillait avec ma compagne, ça marchait pas. J’ai dû tenir 15 jours comme ça avant de me faire à nouveau arrêter en burn-out. Cette fois-ci j’ai plus pris le temps même si je n’ai pas consulté de psychiatre.

Je suis revenue à ma boite pour leur demander une nouvelle rupture conventionnelle sans transaction car je n’estimais pas que c’était vraiment la faute de la boite, plus du client et du fait que j’étais devenue inadaptée à travailler dans ces conditions.

Par la suite, je n'ai pas eu que des échos positifs sur cette boite, notamment dans d'autres agences, tout ce que je peux dire, c'est qu'ils ont été réglo avec moi.

Les enfants étant tous les 3 scolarisés, je n’avais plus le problème du salaire de la nounou, j’ai donc franchi le pas et fait ma reconversion comme mécana cycle.