Lettres à mes parents

Auteurice MissBullitt Durée de lecture 8 minutes

Suite au clash avec mes parents, je leur ai écrit un mail à chacun d’entre eux pour mettre les points sur les i et clarifier ce qui était acceptable.
J’avais aussi prévu d’écrire à ma sœur mais je ne savais pas comment m’y prendre et je ne l’ai finalement pas fait.

Je vous livre donc les lettres que j’ai écrites à ma mère et à mon père. Je ferai un autre billet avec les réponses qu’il y a eut.

Maman,

 

Je vous écrit des mails différents à papa et toi car même si beaucoup sera similaire, j’ai des choses différentes à dire à chacun de vous.

Tout d’abord, je voulais te rappeler que comme je vous l’ai dit lorsque je vous ai annoncé ma transition, je souhaite garder le contact avec vous. Vous êtes mes parents, je vous aime. C’est pour ça que je suis venue vous l’annoncer plutôt que de le faire à distance et c’est également pour ça que je prends le temps de vous écrire ces lettres.

Je sais que ça a été un choc pour vous et que ça remet beaucoup de chose en question dans votre vision du monde et des gens. Mais comme tu me l’as fait remarquer, je suis plus heureuse depuis ma transition. Enfin je sais qui je suis, je comprends tout ce qui n’allait pas et que je ne savais pas comment expliquer.

Quant à la source de la prise de bec, il faut reconnaître que le monde qu’on laisse aujourd’hui à vos petits enfants est particulièrement merdique entre montée du fascisme et inaction climatique devant lesquels on a l’impression que quoi qu’on fasse on est ignorés par des nantis totalement déconnectés de la réalité. Et j’ai particulièrement pas apprécié les remarques de tatie comme quoi ça n’avait pas été facile pour vous non plus. Vous aviez le plein emploi, la croissance, la libération sexuelle, bref un période où tout était rose. Tous les acquis sociaux qui ont été gagnés, nos politiques les détricotent depuis 40 ans pour alimenter toujours plus leurs copains milliardaires. Les enfants aujourd’hui sont déprimés quant à leur avenir et personnellement je n’ai pas beaucoup d’espoir à leur apporter si ce n’est que toute cette économie bancale se casse la gueule et qu’on puisse remettre tout à plat mais ça se fera dans la violence et je ne le souhaite pas non plus.

Dans ton message, tu me parle d’intolérance et je trouve cela particulièrement déplacé. Depuis 15 mois, j’ai pris sur moi de me faire mégenrer et appeler par le mauvais prénom. À chaque fois c’est une violence que je me prends dans la figure, un rejet de qui je suis vraiment. Je sais que tu fais des efforts, et chaque fois que tu m’as genrée au féminin, je l’ai remarqué et ça m’a touché. Je sais aussi que ça n’a pas été facile pour toi avec papa d’aborder ce sujet, j’ai bien conscience de tout ce que tu as fait pour qu’il soit plus compréhensif et je t’en remercie du fond du cœur. Tout ce que je vous demande c’est de m’accepter telle que je suis vraiment. Je comprends tout à fait que vous n’arriviez pas à le comprendre, juste l’accepter.

Je sais ce que vous faites pour les enfants, et je vous en suis profondément reconnaissante mais ça ne vous donne pas tous les droits sur moi.

Je ne vous demande pas et ne vous ai jamais demandé de vous impliquer dans ma transition au delà de m’accepter telle que je suis. Si vous le désirez, je vous accueillerai avec plaisir dans mon parcours mais je comprends tout à fait que ça soit trop compliqué pour vous et je ne vous en voudrai pas de rester à l’écart.

Aujourd’hui je ne peux plus supporter de recevoir plus de violence, je dois me protéger pour être disponible et en bonne santé pour mes enfants c’est pourquoi, si vous voulez qu'on se revoit, c'est à la condition exclusive d'être genrée au féminin et appelée Séleste. Vous en êtes capables, j’ai confiance en vous.

 

Je t’aime

 

Séleste

Papa,

 

Je vous écrit des mails différents à maman et toi car même si beaucoup sera similaire, j’ai des choses différentes à dire à chacun de vous.

Tout d’abord, je voulais te rappeler que comme je vous l’ai dit lorsque je vous ai annoncé ma transition, je souhaite garder le contact avec vous. Vous êtes mes parents, je vous aime. C’est pour ça que je suis venue vous l’annoncer plutôt que de le faire à distance et c’est également pour ça que je prends le temps de vous écrire ces lettres.

Ce que je vais te dire n’est pas facile mais je pense qu’il faut que tu l’entendes.

Je ne suis plus une enfant à qui tu peux dire ce que je dois faire. Ce n’est pas te manquer de respect que de ne pas être d’accord avec toi. Je suis une adulte, j’ai mes opinions et même si elles diffèrent des tiennent, elles ne sont pas pour autant plus mauvaises. Le monde change, nos connaissances aussi et ce que tu prenais pour acquis évolue. Pourquoi crois-tu que depuis toutes ces années ont se prend régulièrement la tête ? Parce que contrairement au reste de la famille, je te dis quand je ne suis pas d’accord avec toi même si ça doit te déplaire. Ça n’est pas de la provocation ou quoi que ce soit mais de l’honnêteté et du respect.

Je sais que ça a été un choc pour vous et que ça remet beaucoup de chose en compte dans votre vision du monde et de gens.

Pour la source de la prise de bec, il faut reconnaître que le monde qu’on laisse aujourd’hui à vos petits enfants est particulièrement merdique entre montée du fascisme et inaction climatique devant lesquels on a l’impression que quoi qu’on fasse on est ignorés par des nantis totalement déconnectés de la réalité. Et j’ai particulièrement pas apprécié les remarques de tatie comme quoi ça n’avait pas été facile pour vous non plus. Vous aviez le plein emploi, la croissance, la libération sexuelle, bref un période où tout était rose. Tous les acquis sociaux qui ont été gagnés, nos politiques les détricotent depuis 40 ans pour alimenter toujours plus leurs copains milliardaires. Les enfants aujourd’hui sont déprimés quant à leur avenir et personnellement je n’ai pas beaucoup d’espoir à leur apporter si ce n’est que toute cette économie bancale se casse la gueule et qu’on puisse remettre tout à plat mais ça se fera dans la violence et je ne le souhaite pas non plus.

Comme maman, tu me parles d’intolérance alors que depuis 15 mois, j’ai pris sur moi de me faire mégenrer et appeler par le mauvais prénom. À chaque fois c’est une violence que je me prends dans la figure, un rejet de qui je suis vraiment. Tout ce que je vous demande c’est de m’accepter telle que je suis vraiment. Je comprends tout à fait que vous n’arriviez pas à le comprendre, juste l’accepter.

Je sais ce que vous faites pour les enfants, et je vous en suis profondément reconnaissante mais ça ne vous donne pas tous les droits sur moi.

Je ne vous demande pas et ne vous ai jamais demandé de vous impliquer dans ma transition au delà de m’accepter telle que je suis. Si vous le désirez, je vous accueillerai avec plaisir dans mon parcours mais je comprends tout à fait que ça soit trop compliqué pour vous et je ne vous en voudrai pas de rester à l’écart.

Aujourd’hui je ne peux plus supporter de recevoir plus de violence, je dois me protéger pour être là, disponible et en bonne santé pour mes enfants c’est pourquoi, si vous voulez qu'on se revoit, c'est à la condition exclusive d'être genrée au féminin et appelée Séleste. Vous en êtes capables, j’ai confiance en vous.

 

Je t’aime

 

Séleste